Vendredi 4 décembre 2009
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17:53
Dans
son bulletin d'information n° 712 du
1er décembre 2009, la Cour de cassation présente la jurisprudence récente des Cours d'appel auxquelles ont été soumis des éléments de preuve recueillis par des détectives privés. Si le
contentieux du divorce semble le terrain privilégié de ce mode de preuve, de nombreux arrêts attestent du recours à ce procédé dans le contentieux économique et social. La licéité de la preuve
est appréciée non seulement sur le fondement de l'article 9 du Code civil, mais encore sur celui de l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
le juge opérant alors un contrôle de nécessité et de proportionnalité de l'atteinte portée.
Sans surprise, il ressort des 18 décisions étudiées que dans les affaires de divorce, les preuves obtenues par le biais de
surveillances sont recevables, que dans les affaires de concurrence déloyales, elles sont recevables si les investigations ont porté uniquement sur les activités professionnelles, et qu'en matière
sociale, les filatures de salariés à leur insu constituent une atteinte à la vie privée et ne sont donc pas recevables.
Par Alain Rousseau
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Samedi 5 septembre 2009
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/2009
09:01
L'arrêt rendu par la deuxième
chambre civile de la Cour de cassation le 7 novembre 1962 (pourvoi n° 1020) est appelé communément "arrêt Torino" dans la profession de détective, car il consacre pour la première fois la
recevabilité d'un rapport de détective privé, Robert Torino en l'occurrence, par la plus haute juridiction française. Jamais remis en cause, il a au contraire été confirmé à de très nombreuses
reprises depuis. Voici les attendus relatifs aux "dépositions des détectives".
"Sur le deuxième moyen :
Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt d'avoir prononcé le divorce, aux torts de dame G..., en se fondant uniquement sur les
dépositions de détectives, appointés par son mari, sans répondre aux conclusions de dame G... qui soutenait que ces dépositions devaient être écartées, les dits témoins étant liés par les
rapports qu'ils lui avaient fournis en 1953 ;
Attendu que, tout en remarquant que de telles dépositions doivent être acceptées avec prudence, l'arrêt relève, tant par ses
motifs propres que par ceux qu'il adopte, que dame G... n'avait produit aucun élément contredisant les faits précis relatés par les personnes chargées de sa filature, dont les déclarations
n'étaient empreintes d'aucune animosité ;
Qu'en l'état de ces énonciations les juges du second degré, qui nullement tenus de la suivre dans le détail de son argumentation,
ont répondu aux conclusions prises par dame G... et souverainement apprécié le degré de crédibilité des témoignages, ont légalement justifié leur décision ;
(...) PAR CES MOTIFS rejette le pourvoi formé contre l'arrêt rendu le 29 mai 1961 par la Cour d'Appel d'Orléans
(...) "
Cliquez ici pour consulter l'arrêt de la Cour de cassation dans son intégralité.
Par Alain Rousseau
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Mardi 4 août 2009
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22:29
A l'appui de sa demande de divorce et pour établir l'adultère qu'elle reprochait à son mari, une femme avait produit des SMS reçus sur
le portable professionnel de celui-ci. La Cour d'Appel l'avait déboutée en estimant que les mini-messages relevaient "de la confidentialité et du secret des correspondances" et que
"la lecture de ces courriers à l'insu de leur destinataire constitue une atteinte grave à l'intimité de la personne".
Dans un arrêt du 17 juin 2009 (pourvoi n° 07-21796), la Cour de
Cassation a cassé cette décision en appliquant aux SMS le statut prévu pour les lettres. En matière de divorce, et par dérogation au droit commun de l'inviolabilité des correspondances, il
est en effet admis que les lettres échangées entre époux ou entre un époux et un tiers puissent être produites sans le consentement des intéressés, à la condition expresse qu'elles aient été
obtenues "sans violence ni fraude". Dans le cas d'espèce, l'épouse trompée assurait être tombée sur les fameux SMS dénués de toute ambiguïté échangés entre son mari et sa maîtresse en
mettant la main sur un téléphone portable professionnel "perdu" par ledit mari.
La Cour de Cassation a retenu cette argumentation et constaté donc que c'est à tort que les juges d'appel avaient évoqué l'atteinte au
secret de la correspondance et à l'intimité de la personne puisqu'ils n'avaient pas pu établir que ceux-ci avaient été obtenus "par violence ou par fraude".
Par Alain Rousseau
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Vendredi 10 juillet 2009
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18:35
C'est un arrêt intéressant qu'a rendu la Cour d'Appel de Montpellier le 18 décembre 2007 (1° Chambre Section AO1 - arrêt n° 07/3138)
en ce sens que cette décision fixe les limites qu'un détective privé ne doit pas franchir sous peine d'être condamné pour atteinte à la vie privée. Une dame avait mandaté un détective afin de
mettre en évidence la relation adultérine entretenue par son époux dans le cadre d'une procédure de divorce. Rien donc que de très classique et de très banal si ce n'est que le détective en
question était allé au-delà de ses prérogatives. Ainsi, il avait consigné dans le rapport remis à sa cliente le compte rendu des surveillances effectuées, mais il avait également ajouté des
appréciations personnelles sur la vie privée de la maîtresse du mari ainsi que la date de naissance, l'adresse personnelle, la situation de famille et la situation professionnelle de cette
personne. La Cour d'Appel de Montpellier a estimé que "si le rapport d'enquête constitue un élément essentiel de la profession de détective privé, il ne lui donne pas cependant le droit pour
autant d'une immixtion arbitraire dans la vie privée d'autrui" et qu'"une appréciation subjective ne relève pas de la mission de détective privé, laquelle s'arrête à l'établissement des
relations entre les personnes concernées par l'enquête". Le détective a donc été condamné à payer 4.000 Euros à la maîtresse.
Lire aussi : Détective privé et vie
privé
Par Alain Rousseau
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Mardi 26 mai 2009
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/2009
19:39
Fort heureusement, l'adultère n'est plus un délit pénal depuis 1975 mais il demeure une faute civile. En effet, contrairement à une
idée très répandue, il est toujours susceptible de constituer un motif de divorce pour faute. En effet, si la nouvelle loi n° 2004-439 du 26 mai 2004 a réformé le divorce, elle a maintenu le
divorce pour faute dans des termes identiques à ceux de l'ancienne loi, c'est-à-dire en le restreignant aux situations les plus graves - dans la pratique, notamment les infidélités et les
violences. Sous le titre "La sanction de l'adultère", le site "Easy Droit" aborde le problème de la preuve des relations extra-conjugales (témoignages, constat d'adultère) et rappelle
les sanctions juridiques possibles de l'adultère : divorce aux torts de son auteur et dommages-intérêts. A lire ici.
Par Alain Rousseau
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Mercredi 29 avril 2009
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11:14
Le recours à un détective privé peut parfois porter une atteinte injustifiée à la vie privée de la personne surveillée. Tel est
notamment le cas lorsque l'immixtion dans la vie privée est disproportionnée par rapport au but poursuivi. Un homme avait entrepris de faire surveiller son ex-épouse par un détective afin
d'obtenir du Juge aux Affaires Familiales la suppression de la prestation compensatoire, eu égard au train de vie de cette dernière. Le problème, c'est que sans doute par excès de zèle, ce
détective avait surveillé et filé sa "cible" durant plusieurs mois. Dans un arrêt du 3 juin 2004 (pourvoi n° 02-19886), la Cour de
Cassation a considéré que cette surveillance excessive était disproportionnée par rapport au but poursuivi et a condamné l'ex-époux sur le fondement de l'article 9 du Code Civil (atteinte à
l'intimité de la vie privée). Il convient donc d'être très circonspect dans le choix d'un détective privé et de s'assurer que celui-ci connaît bien les limites à ne pas
franchir...
Par Alain Rousseau
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Vendredi 6 mars 2009
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/2009
21:51
Le taux de divorce en France est d'environ 30 %, ce qui signifie qu'en moyenne, un mariage sur trois se termine par un divorce. Ce
taux de divorce monte aux alentours de 50 % dans les grandes villes. Lorsque les sentiments ont disparu, en dehors du problème éventuel du droit de garde des enfants, la principale question que
se posent les futurs ex-époux est celle-ci : combien vais-je devoir payer ou combien vais-je percevoir ? Sans trop savoir souvent à quoi correspondent les notions de pension alimentaire et de
prestation compensatoire et la différence entre les deux. C'est à ces questions que répond la fiche juridique du site internet Le Particulier intitulée : "Le divorce : prestation compensatoire et pension alimentaire".
Par Alain Rousseau
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Mercredi 24 décembre 2008
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15:30
Qu'il s'agisse d'obtenir des preuves dans une procédure de divorce pour faute ou bien pour concurrence déloyale, détectives, huissiers
et experts en informatique se répartissent les rôles, les premiers surveillant, les seconds constatant et les troisièmes analysant les disques durs, et ce, en toute légalité. "Justice -
Méfiez-vous de votre disque dur", tel est le titre de l'article à lire sur Le
Point.fr.
Par Alain Rousseau
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Lundi 15 décembre 2008
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19:20
Deux décisions judiciaires récentes rappellent que les filatures effectuées par les détectives privés dans les lieux publics, et même
dans les parties communes d'une copropriété, ne portent pas atteinte à la vie privée.
Dans une première affaire, l'époux accuse sa femme de violation de la vie privée pour l'avoir fait suivre par un détective. La Cour
d'Appel de Paris, dans son arrêt du 6 septembre 2007, considère que "la réalisation d'une enquête par un détective privé dans des lieux publics ne constitue pas une atteinte à la vie
privée".
Dans la deuxième affaire, un détective privé est engagé par l'époux dans le cadre d'une procédure de divorce pour faute. Le détective
pénètre plusieurs fois dans la copropriété de l'ensemble immobilier fermé par un portail électrique où réside l'épouse. Cette dernière estime que le détective a porté atteinte à sa vie privée. La
Cour d'Appel d'Aix en Provence, dans son arrêt du 17 janvier 2008, considère que seul le domicile privé est protégé par la loi, ce qui n'est pas le cas des parties communes d'un immeuble dont
l'accès est restreint pour des raisons sécuritaires.
Rappelons que l’article 102 (titre II, art. 20, alinéa 1) de la loi n° 2003-239 du 18 mars 2003 stipule que la profession d’agent de
recherches privées (appelé communément détective privé) consiste “à recueillir, même sans faire état de sa qualité ni révéler l'objet de sa mission, des informations ou renseignements
destinés à des tiers, en vue de la défense de leurs intérêts”.
Par Alain Rousseau
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Mardi 9 décembre 2008
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/2008
14:16
Le site Easydroit propose un outil gratuit et immédiat d'évaluation du montant de la pension alimentaire et/ou de la prestation
compensatoire que vous aurez éventuellement à payer ou à recevoir si vous divorcez. Celui-ci est basé sur une étude portant sur plusieurs centaines de décisions de justice relatives au
divorce. Tous les paramètres sont pris en compte : âge, profession, revenus, charges, patrimoine, durée du mariage, régime matrimonial, nombre d'enfants, etc... Bref, le moyen
d'anticiper les conséquences financières du divorce. A découvrir ici.
Par Alain Rousseau
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